Chapitre 1 : Naissance de Dandralis


En ce temps là, les Dieux arpentaient fréquemment le monde et se livraient des combats sans merci pour affirmer leur suprématie. Lors d'un de leurs innombrables affrontements, Apiera, déesse de la lune, des arts et de l'illusion, et Balgur, dieu de la guerre, mirent une telle hargne dans leur combat que celui ci dura plus de cent années. Le combat s’éternisait, le dieu et la déesse faiblissaient. Il fallait y mettre un terme, et l'assaut final fut terrible. Les deux dieux se précipitèrent l’un contre l’autre. Balgur utilisait sa force brute tandis qu’Apiera multipliait les illusions afin de troubler son ennemi et de le mener à sa perte. Pris dans les rets de visions mensongères, Balgur perdit la tête et lança son arme dans tous les sens. Il parvint à blesser Apiera qui poussa un cri strident, si puissant que Balgur crut devenir fou à l’entendre. Il laissa tomber son arme pour se boucher les oreilles et l’arme lacéra sa cuisse. Ainsi les deux adversaires virent leur sang couler. Ils se retirèrent afin de panser leurs blessures en vue des affrontements futurs.

Or le sang divin ainsi versé, se répandit sur la terre, le corps même de Galthée. Les sangs se mêlèrent à la terre. La fusion de ces trois essences divines fit trembler le sol et souleva une nuée qui se transforma peu à peu en la silhouette gracieuse d’une splendide jeune femme. Le brassage des trois éléments divins donna ainsi naissance à une nouvelle déesse nommée Dandralis.

Dandralis était une déesse à l'humeur changeante qui pouvait être généreuse et combler ses fidèles pour quelques jours après les ensevelir sous un torrent de flammes et reprendre ses dons. La déesse schizophrène avait volé, par sa naissance, une partie de leur pouvoir aux trois dieux. De Galthée, elle était proche de la destinée des êtres vivants, chargée de leur protection et de leur perte, jugeant et départageant les humains suivant leurs actes. De Balgur destructeur et Apiera Créatrice, elle devenait déesse du Chaos et de la Loi, tour à tour juge impartiale, ou tyran capricieux.


Chapitre 2 : Le complot des dieux


Les autres dieux furent jaloux car cette déesse réunion de trois dieux les surpassait tous. De plus, Balgur, Apiera et Galthée, à l'origine de Dandralis, avaient été affaiblis, une partie de leur essence divine ayant été absorbée par celle-ci. Ils ne pouvaient rester inactifs et laisser Dandralis triompher et les narguer de sa puissance.

Ils décidèrent alors d'aller consulter le Grand Devin, Io l'aveugle. Celui-ci les reçut avec un grand sourire et avant qu'ils n'exposent leur problème leur annonça qu'il connaissait la solution à leur problème. Il leur conseilla d'envoyer Dandralis affronter le Prince Démon Zaark-Duum dans les plaines désolées. Celui-ci livrait un combat depuis plusieurs siècles contre Mellouine la licorne la plus puissante que le monde ait jamais connue !

Dandralis, aveuglée par sa folie se rendit sur place. Le combat faisait rage. Plus aucune végétation ne poussait sur le sol ravagé par les sabots du démon et de la licorne. Le choc des cornes était assourdissant. Dandralis se jeta sauvagement dans la bataille avec l’assurance de sa supériorité. Elle mit fin au combat de manière originale puisqu'elle blessa mortellement et non sans mal les deux protagonistes ! Alors que les deux créatures rendaient leur dernier souffle, Dandralis se laissa tomber à terre, blessée par le combat. Voyant Dandralis très affaiblie, les autres dieux se jetèrent sur elle et reprirent aisément leurs pouvoirs, laissant l'ancienne déesse pour morte !

Balgur, Apiera et Galthée avaient repris leur pouvoir d’origine. Dandralis se mourait, jamais plus elle ne retrouverait sa puissance passée.


Chapitre 3 : Naissance de Falis et d'Ecatis


Dans un dernier sursaut, Dandralis rampa alors vers le démon et la licorne . Sa nature contradictoire la poussa à attraper le corps de l'un et de l'autre. La vie qui finissait de fuir les deux créatures se répandit alors dans le corps de la déesse et fut suffisant pour lui redonner la force nécessaire pour survivre. Cependant alors qu'elle finissait de vider les deux bêtes de toute leur énergie, Dandralis fut prise de tremblements. La déesse se releva, jambes flageolantes. Une douleur intense fouettait ses entrailles, une brûlure atroce. Dandralis leva la tête vers le ciel et poussa un cri strident, une longue plainte suraigüe qui résonna dans l’air,. Bientôt son corps s'ouvrit ! Tout comme pour la mue d'un reptile, la carapace desséchée de l'ancienne déesse tomba au sol et laissa place à deux nouvelles déesses, identiques par leur physique mais dont le regard froid de l'une contrastait violemment avec la douceur de la seconde ! Falis et Ecatis se jaugèrent un moment et surent que jamais elles ne pourraient à nouveau être une ! D'un côté se trouvait Falis, Déesse de la Justice, de la Clémence et du Devoir, de l'autre Ecatis, déesse de la Justice Intransigeante, de l’Oppression, et de la Destruction…

Un mélange de haine et d’amour naquit à cet instant entre elles deux et régit toutes leurs relations futures. Les deux déesses se fuiront et se chercheront, s’allieront et se combattront, mélange d’attirance et de répulsion. Mais de part leur naissance, leurs destins resteront liés, indéfiniment.